"Écoute-moi bien. Même si tu vis 5 000 ans, jamais tu ne rencontreras un gars comme moi "

Publié le par Duinhir

padrinoCitation de John Gotti

John Gotti, dit " The Teflon Don ", parrain de la Famille Gambino, fut l'un des parrains les plus médiatisés de son époque, son arrogance et son style flamboyant provoquèrent sa perte. Il devint le chef de la famille Gambino en 1985 avant d'être trahi par son Consigliere Sammy "the Bull" Gravano. Il mourut en prison en 2002.

 

Ce sont les citations de ce parrain à l'ancienne qui vont nous accompagner le long de cet article sur l'excellent jeu de Hazgaard, sorti il y a peu de temps, "Nostra City".

 

"T’inquiète pas, ça ne fait que commencer"

New York, dans les années 90, le boss de la Cosa Nostra, Johnny Gotta (ce nom me dit quelque chose) est tombé pour de multiples chefs d'accusation. Avec les preuves accumulées contre lui, le procès s'annonce mal. Heureusement, la famille est là et la famille c'est sacré dans le milieu.

Chacun des joueur incarne donc un des membres de la Famille et va devoir se salir les mains pour faire tourner le business et sortir le parrain de prison. 6 mois de procès, un tour par mois et déjà les rancœurs se font jour, les vendettas se profilent et certains sont prêts à retourner leur veste et à trahir la famille en devenant indic du FBI.

Une quête du respect se met en marche car si ce jeu est coopératif, à la fin il ne peut en rester qu'un. Soit le boss tombe et tout le monde le suit, à l'exception notable de l'indic du FBI le plus "honorable" qui est protégé, soit le boss est sauvé et il confie la suite des opérations à un nouveau boss, le plus respectable de ses fidèles lieutenants.

 

"Ils sont surévalués, surpayés et sous-performants"

caids.jpgSi John Gotti disait ça a propos de ses avocats, on ne peut pas en dire autant des caïds. Chaque joueur dispose en début de partie de 3 caïds provenant de 4 familles, les Baldini, spécialistes du meeting, les Agnello, professionnels du racket et les traffics, les Donata, femmes vengeresses et les Cesare, spécialistes de la corruption des témoins.

Ces caïds, disposant chacun d'un pouvoir spécifique, sont vos fidèles alliés dans votre quête du respect et de la victoire de la famille face aux perdreaux. A chaque tour, vous devrez choisir soigneusement comment les utiliser au cours des trois phases de jeu, le business, le meeting et le procès. Sauf exception, chaque caïd ne peut être utilisé qu'une fois par tour pour une action, par contre plusieurs caïds peuvent être utilisés pour chaque action

 

 

 

 

 

Mon putain de père est né dans le New Jersey ; il est jamais allé en Italie de sa putain de vie. Il a jamais rien foutu de sa putain de vie ; c’était un clodo, il a jamais mis un dollar de côté pour notre famille

billets.jpgLe père de Gotti n'avait effectivement rien compris, l'argent est bien le nerf de la guerre dans Nostra city, ce sont les biftons, le flouze et l'oseille qui vont permettre aux joueurs de s'en tirer. Pour obtenir de l'argent, il faut faire des encaissements lors de la phase de business. Chaque joueur commence avec un turf représentant un quartier de New York (Staten Island, le Queens, le Bronx et Brooklyn) sur lesquels se font les rackets et un symbole de traffic (traffic de dés, de bottines et de bonbons… heu, à moins que ce soit autre chose…)

Lorsqu'un joueur envoie un caïd sur un de ses turf, il récolte un billet par turf similaire dans le plateau des autres joueurs (couleur ou traffic), mais il doit redistribuer les billets en fonction, au risque de léser les autres joueurs.

L'encaissement est toujours une période aléatoire, les billets vont de 5000 à 50000$, les gains sont donc très variables. De plus, une carte descente de police peut arriver n'importe quand et interrompre l'encaissement, ce qui ne vous dispense pas de payer vos partenaires… comment ça vous n'avez plus d'argent, vous n'allez pas léser des gens de la famille quand même?

 

 

"Tout ce que je veux dans la vie, c’est un bon sandwich. Le sandwich au thon, ben c’est tout ce que je veux : un putain de bon sandwich"

respectsIl y a parfois des phrases choc sur les cassettes du FBI. John Gotti voulait un sandwich au thon, vous vous voulez du respect, c'est à ce prix que le boss vous choisira comme successeur ou que le FBI vous accordera sa protection.

Des vignes en Sicile, la Rol… oups la montre ultime ou un yacht de 60m, rien n'est trop beau pour vous.

A moins que vous ne fassiez quelques acquisition, récupérez des territoires et recrutez des caïds pour montrer aux autres qui est (ou sera) le boss.

Arrivera même en son temps le poste d'Underboss, vous n'allez pas laisser passer cette occasion de vous élever, cela vous donnera l'occasion de nommer un Consigliere qui lui même nommera le primo-capo.

 

respects2.jpg

Mais tout cela sera couteux car les 4 cartes disponibles dans la rue lors de la phase de meeting sont mises au enchères. Discutez avec vos petits camarades et vous pourrez miser peu et garder votre argent en répartissant les enchères, en cette période de crise, la famille a besoin d'argent… bien sur, rien n'empêche les autre joueurs de vous convaincre de miser peu… pour remporter l'enchère. Avouez qu'un indic du FBI qui devient Underboss, ça a de la gueule, non?

 

 

"Je prends les paris à trois contre un sur ce procès, c’est moi qui vais le gagner"

Vous aviez oublié le boss, faites gaffe petit coquinou car lui ne vous oubliera pas. Il est temps de graisser la patte aux témoins… Du moins s'il vous reste de la thune et des caïds disponibles. Vous pourrez envoyer un billet par caïd, mais attention, un billet bleu de préférence, celui qui mène le boss vers la sortie, à moins que… vous ne seriez pas une balance du FBI tout de même?

De toute façon, loyal ou indic, le décompte ne sera fait que lors du troisième et du dernier tour, vous garderez votre anonymat, mais si des billets rouge sont comptés, la paranoïa montera d'un cran…

 

Ces trois phases passées, une phase d'administration permet de préparer le nouveau tour

 

"C’est dommage... dis à ce putain d’enculé que je vais le buter, puisqu'il s’est pas présenté quand je lui ai demandé de venir me voir. Sinon, j’ai rien d’autre à lui reprocher, je vais juste le tuer pour ça"

Gotti n'était pas du genre à rigoler, vous non plus. Lorsque vous êtes lésé, vous prenez un carte Vendetta. Leur effets sont multiples, voler un autre joueur, mettre un contrat sur un de ses caïds, recevoir un bonus lors du meeting, dévoiler une facette honteuse de la vie d'un adversaire (la honte, il ne parle pas italien!) voire vous rendre indic du FBI… Vous n'êtes pas content et vous allez faire sentir tout le poids de votre fureur à celui qui vous à léser… ou à quelqu'un d'autre, l'important est de finir en tête après tout.

vendetta.jpg

 

"Dans deux semaines, ils seront déjà prêts à me faire replonger"

enquetes.jpgRassurez vous, il n'y a pas que les autres joueurs qui peuvent vous faire des crasses, la police veille, FBI, NYPD et IRS, tous en ont après le boss et veulent sa perte. Ils apparaissent dans la rue comme les turfs, les caïds ou les respects et ils sont plus teigneux qu'un car de scouts sous amphétamines. Heureusement, si les joueurs arrivent à se mettre d'accord pour leur glisser en douce quelques biftons, on peut toujours compter sur leur mémoire des droits civiques pour faire taire ces enquètes dérangeantes.

 

 

"Je serai Cosa Nostra jusqu’à ce que je meure. Que ça se passe dans une heure, cette nuit ou dans cent ans, je serai toujours Cosa Nostra"

asm_NostraCity.jpgNostra city, le jeu où l'on joue des pourris. J'avoue avoir eu du mal avec ce jeu sur la première partie. Un des joueurs avait tiré un turf trop différent des autres, il a perdu un caïd rapidement suite à une vendetta et a ramé toute la partie, finissant par jouer contre les autres joueurs sans être un indic, une manière de s'assurer qu'il n'y aurait pas de vainqueur.

Aux parties suivantes, nous avons joués beaucoup plus coopératifs (ou coopétitifs pour paraphraser un homme politique français), aider les joueurs en difficulté, ne pas laisser quelqu'un trop loin derrière... Tout en restant en course pour la première place.

Sur les 3 parties, le boss n'est jamais sorti de prison, la présence d'un traitre semble suffisamment pénalisante pour empêcher toute libération. Du coup arroser largement les témoins semble primordial pour avoir une chance de sauver le boss, mais cela se fait au risque de piocher une carte FBI et de s'être tiré une balle dans le pied. La probabilité qu'une telle carte tombe étant de 10% à chaque fois que l'on pioche une carte vendetta (sur 12 cartes vendetta tirées, on approche les 90% de chances d'avoir un indic)

En tous cas, je serais intéressé par les statistiques de libération du boss sur les parties de Nostra city dans le cas ou un indic est présent.

Amis des jeux bien ficelés et équilibrés, ne passez pas votre chemin, mais essayez le deux ou trois fois avant, parce que si il y a un domaine dans lequel Nostra city se démarque c'est l'ambiance. Une ambiance de paranoïa permanente et une envie de prendre l'accent italien envahit la table dès les premières minutes du jeu, tout est là. Pour ne rien gacher, le matériel est beau et le style de dessin de Nicolas Fructus donne la touche glauque indispensable.

 

Au titre des regrets, outre le côté un peu déséquilibré du jeu, j'ajouterai l'impossibilité qu'il y a de couler dans le béton un joueur dont on est sur qu'il est indic du FBI. Evidemment, le jeu en serait encore plus chaotique, mais ce serait un élément d'ambiance assez réaliste je trouve.

 

Quelques liens

Le site de Nostra City fait par Hazgaard

La page trictrac

John Gotti sur wikipedia

 

Publié dans Jeux de plateau

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